Tiques, puces et leishmaniose : protéger son chien des parasites
Publié le 1 octobre 2026 · 5 min de lecture · L’équipe canin.ma
Les parasites externes du chien au Maroc, les maladies qu’ils transmettent et les moyens de prévention efficaces, saison par saison.
Sous le climat marocain, les parasites externes ne prennent presque pas de vacances. Puces, tiques et phlébotomes ne se contentent pas de démanger : ils transmettent des maladies graves, parfois mortelles, dont certaines concernent aussi l’homme. La prévention est simple, peu contraignante, et bien moins coûteuse que les traitements. Voici ce qu’il faut savoir pour protéger votre chien toute l’année.
Les puces
La puce est le parasite le plus fréquent. Les puces adultes que vous voyez sur votre chien ne représentent qu’une petite partie du problème : l’essentiel de la population, œufs, larves et cocons, vit dans la maison, dans les tapis, les fentes du sol, le canapé et le couchage. Une femelle pond plusieurs dizaines d’œufs par jour.
Ce qu’elles provoquent
- des démangeaisons, surtout au bas du dos et à la base de la queue ;
- une allergie aux piqûres chez certains chiens, avec perte de poils, croûtes et plaies de grattage ;
- la transmission d’un ver plat, que le chien attrape en avalant une puce en se léchant ;
- une anémie chez le chiot très infesté.
Comment les repérer
Écartez les poils sur le dos et le ventre. Cherchez les puces, mais aussi leurs déjections : de petits grains noirs qui, posés sur un coton humide, laissent une trace rouge-brun.
Comment s’en débarrasser
Traitez tous les animaux du foyer en même temps, avec un produit adapté à chacun, puis traitez la maison : aspirez soigneusement les sols, les plinthes et les canapés, lavez le couchage à soixante degrés et, en cas de forte infestation, utilisez un produit d’habitat. Il faut souvent deux à trois mois de traitement régulier pour venir à bout d’une infestation installée.
Les tiques
Les tiques attendent sur les herbes hautes, dans les broussailles, les terrains vagues et les jardins, et s’accrochent au passage. La tique brune du chien, très répandue au Maroc, est capable de vivre et de se reproduire à l’intérieur des maisons et des chenils. Elles sont actives une grande partie de l’année, avec un pic au printemps et à l’automne.
Les maladies qu’elles transmettent
- L’ehrlichiose : fièvre, abattement, saignements du nez, puis atteinte chronique de la moelle osseuse si elle n’est pas traitée.
- La babésiose, ou piroplasmose : destruction des globules rouges, fièvre élevée, urines foncées couleur café, grande fatigue. C’est une urgence.
- L’hépatozoonose et l’anaplasmose, plus rares.
Tout chien abattu, fiévreux, qui refuse de manger dans les jours ou les semaines suivant une infestation par des tiques doit voir un vétérinaire rapidement.
Retirer une tique correctement
Inspectez votre chien après chaque promenade en nature, en insistant sur les oreilles, le cou, les aisselles, l’aine et entre les doigts.
- Utilisez un crochet à tiques, vendu chez les vétérinaires et en animalerie.
- Glissez le crochet sous la tique, au ras de la peau.
- Tournez doucement, sans tirer, jusqu’à ce qu’elle se détache.
- Désinfectez la peau et lavez-vous les mains.
N’appliquez ni alcool, ni huile, ni éther, ni cigarette : la tique stressée régurgite sa salive et augmente le risque de transmission. Ne l’écrasez pas entre vos doigts.
Les phlébotomes et la leishmaniose
La leishmaniose est la maladie parasitaire la plus préoccupante du chien dans le bassin méditerranéen, et le Maroc est concerné, en particulier dans le nord du pays et dans plusieurs zones rurales et périurbaines.
Elle est transmise par le phlébotome, un minuscule moucheron silencieux, actif du crépuscule à l’aube pendant les mois chauds, en général du printemps à l’automne. Il n’a rien à voir avec le moustique des eaux stagnantes : il vit dans les murs en pierre, les caves, les tas de bois et les étables.
Les signes de la maladie
L’incubation dure de quelques mois à plusieurs années. Les symptômes s’installent progressivement :
- amaigrissement et fonte musculaire, malgré un appétit conservé ;
- perte de poils autour des yeux, pellicules abondantes, plaies qui ne cicatrisent pas ;
- griffes qui poussent anormalement vite ;
- saignements de nez ;
- ganglions gonflés ;
- fatigue, boiteries, puis insuffisance rénale.
La leishmaniose se soigne mais ne se guérit pas : le traitement, long et coûteux, contrôle la maladie sans éliminer le parasite, et les rechutes sont fréquentes. La prévention est donc essentielle. La maladie se transmet à l’homme par l’intermédiaire du phlébotome, pas par contact direct avec le chien.
Comment protéger son chien
- Utilisez un antiparasitaire répulsif contre les phlébotomes : collier à base de deltaméthrine ou pipette à base de perméthrine. Tous les antiparasitaires ne sont pas répulsifs ; demandez conseil à votre vétérinaire.
- Rentrez le chien à l’intérieur du coucher au lever du soleil pendant la saison chaude.
- Installez des moustiquaires à mailles fines et évitez de le faire dormir dehors, dans un garage ou une cave.
- Demandez à votre vétérinaire si la vaccination est disponible et utile dans votre région.
- Faites dépister votre chien une fois par an si vous vivez en zone à risque : traitée tôt, la maladie se contrôle bien mieux.
Choisir un antiparasitaire
Plusieurs formes existent, chacune avec ses avantages :
- les pipettes, à appliquer sur la peau, entre les omoplates, généralement une fois par mois ;
- les colliers, efficaces plusieurs mois, pratiques mais à ajuster correctement ;
- les comprimés, très efficaces contre les puces et les tiques, insensibles aux bains, mais sans effet répulsif : le parasite doit piquer pour mourir ;
- les sprays, utiles ponctuellement et chez le très jeune chiot, selon les produits.
Sous nos latitudes, la protection doit être continue, toute l’année, et non réservée à l’été. Votre vétérinaire vous aidera à combiner les produits selon votre région, le mode de vie du chien et la présence d’enfants ou de chats.
Les précautions indispensables
- Respectez le poids et l’espèce. Un produit dosé pour un chien de quarante kilos peut tuer un chien de cinq kilos.
- Attention aux chats : la perméthrine, très courante dans les produits pour chiens, est mortelle pour le chat. Ne traitez jamais un chat avec un produit pour chien, et séparez-les le temps que la pipette sèche.
- Vérifiez l’âge minimum indiqué sur la notice avant de traiter un chiot.
- Méfiez-vous des produits sans emballage ni notice, vendus à l’unité : contrefaçons et produits agricoles détournés provoquent chaque année des intoxications.
- N’utilisez pas de remèdes maison comme le pétrole, l’eau de Javel ou les insecticides ménagers.
À retenir
Protégez votre chien toute l’année avec un antiparasitaire adapté, inspectez-le après chaque sortie en nature, retirez les tiques au crochet et, en zone à risque, ajoutez une protection répulsive contre les phlébotomes. Un chien fatigué, fiévreux ou qui maigrit après une saison de parasites doit être vu sans tarder par un vétérinaire. Pour le reste de la prévention, consultez notre guide des vaccins et vermifuges.
🩺 Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez sans attendre.
À lire aussi
- Vaccins et vermifuges du chien : le calendrier à suivre
Quels vaccins pour un chiot, quand faire les rappels, à quelle fréquence vermifuger : le calendrier santé de votre chien expliqué simplement.
- Quand emmener son chien chez le vétérinaire : les signes qui ne trompent pas
Urgences vitales, symptômes à surveiller, visite annuelle : comment savoir si votre chien doit voir un vétérinaire, et dans quel délai.
- La rage au Maroc : protéger son chien et sa famille
Transmission, vaccination obligatoire, campagnes gratuites, conduite à tenir en cas de morsure : l’essentiel sur la rage au Maroc.